Français ci-dessous /// Endlich! In einem neuen Urteil (2C_64/2025) stuft das Bundesgericht die Passbeschaffungspflicht für Eritreer*innen als unzulässig ein. Nach viel Kritik und jahrelangen Protesten ist dies ein wichtiger Etappensieg.

„Sich auf die Botschaft jener Diktatur begeben zu müssen, vor der sie geflohen sind, muss nun für alle Eritreer*innen Geschichte sein“ Migrant Solidarity Network
Im Urteil geht es um die Beschwerde eines vorläufig aufgenommenen Eritreers, der eine Aufenthaltsbewilligung beantragte. Der Mann weigerte sich, aufgrund seiner begründeter Angst vor negativen Konsequenzen, Kontakt zur eritreischen Botschaft aufzunehmen. Deshalb konnte er keinen gültigen eritreischen Pass beschaffen. Der Mann zeigte auf, dass die eritreische Botschaft Unzulässiges fordere, um Pässe auszustellen. Die sogenannte Reueerklärung – eine von drei problematischen Forderungen – stufte das Bundesgericht nun explizit als unzulässig ein.
Niemand ist verpflichtet ist, sich selbst zu belasten
Das Bundesgericht befindet, dass es weder gerechtfertigt noch zulässig sei von Eritreer*innen zu verlangen, dass sie auf der eritreischen Botschaft die sogenannte Reueerklärung unterzeichnen zu müssen, um sich einen Pass zu beschaffen. In der Reue-Erklärung müssen sich die Personen selbst beschuldigen und unterschreiben, dass sie dem Regime untreu geworden seien und allfällige Bestrafungen im Falle einer Rückkehr akzeptieren würden. In Deutschland wurde die Passbeschaffungspflicht aufgrund dieses Selbstbelastungszwangs bereits 2022 abgeschafft (vgl. auch das Rechtsgutachten von ProAsyl).
Um Pässe auszustellen erwartet die Botschaft zudem, dass eine Diasporasteuer von 2% des Einkommens bezahlt wird, das in der Schweiz bereits versteuert wurde. Der UNO-Sicherheitsrat fordert die Mitgliedstaaten seit 2011 auf, diese Steuer zu verbieten. Laut einer holländischen Studie finanzieren diese Einnahmen Menschenrechtsverletzungen in Eritrea. In der Schweiz wird die Steuer weiterhin toleriert. Zudem müssen Eritreer*innen gegenüber der Botschaft sensible Informationen über Verwandte und Freund*innen preisgegeben. Dies kann in Eritrea und in der Schweiz zu willkürlicher Verfolgung und gefährlicher Repression durch das Regime führen. Zu diesen beiden ebenfalls problematischen Bedingungen für eine Passbeschaffung auf der eritreischen Botschaft äussert sich das Bundesgericht erstaunlicherweise nicht.
Das Migrant Solidarity Network fordert eine rasche allgemeine Abschaffung der Passbeschaffungspflicht für alle Eritreer*innen
Da die Reueerklärung nun auch offiziell als unzulässig eingestuft wird, darf keine Behörde mehr erwarten, dass sich Eritreer*innen auf die Botschaft begeben, um einen Pass zu beschaffen:
- Von vorläufigen aufgenommenen Eritreer*innen, die eine Aufenthaltsbewilligung B beantragen, darf das Staatssekretariat für Migration keinen eritreischen Pass mehr verlangen.
- Von abgewiesenen Eritreer*innen, die ein Härtefallgesuch einreichen, dürfen kantonale Migrationsbehörden keinen Pass mehr verlangen.
- Von abgewiesenen Eritreer*innen dürfen die kantonalen Migrationsbehörden nicht mehr erwarten, sich einen Pass zu beschafffen, um ausgeschafft zu werden.
- Von Eritreer*innen, die heiraten möchten, dürfen Zivilstandesämter keinen Pass mehr verlangen.
Arrêt du Tribunal fédéral : l’obligation d’obtenir un passeport pour les Érythréens est illicite
Dans un nouvel arrêt (2C_64/2025) , le Tribunal fédéral qualifie désormais l’obligation d’obtenir un passeport pour les Érythréens d’illicite. Après de nombreuses critiques et des années de protestations, il s’agit d’une victoire importante.
« Devoir se rendre à l’ambassade de la dictature qu’ils ont fui doit désormais appartenir au passé pour tous les Érythréens » Migrant Solidarity Network
L’arrêt porte sur le recours d’un Érythréen admis à titre provisoire qui avait demandé un permis de séjour. L’homme a refusé de prendre contact avec l’ambassade d’Érythrée en raison de sa crainte justifiée de conséquences négatives. Il n’a donc pas pu obtenir de passeport érythréen valide. L’homme a démontré que l’ambassade d’Érythrée exigeait des conditions inadmissibles pour délivrer des passeports. Le Tribunal fédéral a désormais explicitement jugé inadmissible la « déclaration de repentir », l’une des trois exigences problématiques.
Nul n’est tenu de s’incriminer soi-même
Le Tribunal fédéral estime qu’il n’est ni justifié ni admissible d’exiger des Érythréens qu’ils signent la déclaration dite de repentir à l’ambassade d’Érythrée afin d’obtenir un passeport. Dans cette déclaration de repentir, les personnes doivent s’accuser elles-mêmes et signer qu’elles ont trahi le régime et qu’elles accepteraient d’éventuelles sanctions en cas de retour. En Allemagne, l’obligation d’obtenir un passeport en raison de cette contrainte d’auto-incrimination a déjà été supprimée en 2022 (cf. également l’avis juridique de ProAsyl).
Pour délivrer des passeports, l’ambassade exige en outre le paiement d’une taxe de diaspora correspondant à 2 % du revenu déjà imposé en Suisse. Depuis 2011, le Conseil de sécurité de l’ONU demande aux États membres d’interdire cette taxe. Selon une étude néerlandaise, ces recettes financent les violations des droits humains en Érythrée. En Suisse, cette taxe continue d’être tolérée. De plus, les Érythréens doivent divulguer à l’ambassade des informations sensibles sur leurs parents et amis. Cela peut entraîner des persécutions arbitraires et une répression dangereuse de la part du régime en Érythrée et en Suisse. Étonnamment, le Tribunal fédéral ne se prononce pas sur ces deux conditions également problématiques pour l’obtention d’un passeport à l’ambassade d’Érythrée.
Le Migrant Solidarity Network demande la suppression rapide et générale de l’obligation d’obtenir un passeport pour tous les Érythréens.
La déclaration de repentir étant désormais officiellement considérée comme illicite, aucune autorité ne peut plus exiger des Érythréens qu’ils se rendent à l’ambassade pour obtenir un passeport :
- Le Secrétariat d’État aux migrations ne peut plus exiger de passeport érythréen aux Érythréens admis à titre provisoire qui demandent un permis de séjour B.
- Les offices de migration cantonaux ne peuvent plus exiger de passeport aux Érythréens déboutés qui déposent une demande pour cas de rigueur.
- Les offices de migration cantonaux ne peuvent plus exiger des Érythréens déboutés qu’ils se procurent un passeport pour être renvoyés.
- Les offices d’état civil ne peuvent plus exiger de passeport aux Érythréens qui souhaitent se marier.
